Le chanteur

1962 - 1970

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Forte de sa culture judéo-arabe et de son expérience du malouf, l’inspiration d’ Enrico Macias est essentiellement nourrie en cette année 1962 par ses sentiments de déchirure et les peines amoureuses. Avec l’air de fête qui lui collera à la peau durant toute sa carrière, il signe de très jolis textes qui, pour certains, deviendront des incontournables de ses spectacles comme « Adieu mon pays » et « L’oriental ». Puis s’ensuivent de très belles mélodies comme « Chiquita » et « Oh guitare, guitare ».


Après son passage à Bobino en 1963 et la rencontre avec Jacques DEMARNY qui deviendra son complice en écriture, c’est le début de la carrière que nous lui connaissons. Le million d’exemplaires de « Enfants de tous pays » qui fut son plus grand succès et d’autres textes comme « Ma maison, ma maison », lui permettent de devenir l’idole de dizaines de milliers de pieds-noirs. Désormais, les succès s’enchainent. « La femme de mon ami », « El Porompompero », « L’île du Rhône », etc…


En 1964, il crée « Paris, tu m’as pris dans tes bras » et « Les filles de mon pays ». Cela ne fait qu’amplifier sa notoriété et sa popularité. Puis c’est au tour de « Notre place au soleil » de l’inscrire comme un vrai chanteur populaire.

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Ne doute plus de moi
Emission « Rendez vous avec Enrico Macias » – 30/05/1964

Après « Il reste aujourd’hui » en 1963, c’est avec « Vieille terre » qu’il fait son deuxième clin d’œil à ce qu’on appelait à l’époque, « la terre promise ».

L’Olympia est la plaque tournante de tous ses concerts. Il s’est fait le plaisir de s’y produire très souvent. Soucieux d’élargir son public pour ne pas se limiter à être le seul représentant des pieds-noirs, et sur les conseils de Marcel AMONT, il décide de délaisser sa guitare le temps de quelques couplets pour être libre de ses mouvements et transformer ses spectacles en une « fête orientale » où le public peut retrouver la chaleur et les rythmes de l’autre rive de la Méditerranée.

L’année 1965 est marquée principalement par deux titres très importants dans sa carrière : »Mon cœur d’attache » et « Vous les femmes ». Commencent alors de longues tournées en Belgique, en Italie, en Espagne, en URSS qui, cependant, ne mettent pas son inspiration à mal puisqu’il continue avec son complice en écriture à enchainer les succès : « Où est donc la vérité », « Je t’aimerai pour deux », « Jamais deux sans trois » ….

Sa visite en Israël en 1967 le sensibilise encore plus profondément si besoin était, aux tragédies engendrées par les conflits et les guerres. Dans cet élan, suivant son cœur naturellement généreux, il se lance dans son combat pour la fraternité et paix et s’en fait le messager.
« Non, je n’ai pas oublié » écrite l’année précédente en réponse à ceux qui lui reprochaient de renier ses racines lui donne cette profonde conviction d’être le messager des causes justes. L’expression de ses sentiments sincères lui vaudra d’être considéré comme un rêveur, un utopiste. Mais l’on comprendra plus tard qu’il était le témoin de son époque avec un
« Le port est triste » qui fait sûrement référence à l’ « EXODUS » est l’un de ses titres phares qui annoncera un sincère engagement en faveur de la paix.
Cette même année lui inspire, lors d’un voyage dans le nord, un autre de ses grands titres : « Les Gens du nord ».

En 1968, le public ne pouvait deviner qu’ Enrico venait de signer un contrat avec le grand label qu’était « PHILIPS ». Cette année là voit la naissance de « Aux talons de ses souliers », « Le feu des gitans », « La vie dans la vie »…….et la série de succès qui s’ensuivent. « La lampe d’Aladin », « De musique en musique », « Quand on est amoureux », « La première corrida » et surtout « Dix ans déjà » donnent le tempo d’une période qui sera appelée « LES ANNEES FERTILES ».

1970 - 1979 Les années fertiles

Enrico Macias en compagnie de Jacques Demarny et son épouse
Olympia novembre 2006

 

« Avec Enrico, ça a démarré sur une entente très amicale. Nous nous sommes reconnus quelque part et je pense que ça allait au delà du fait que nous ayons vécu tous les deux en Algérie.
On peut aussi parler de « Mektoub » (Destin): Enrico et moi étions faits pour faire un bout de chemin ensemble. Probablement parce que je lui apportais les paroles qu’il avait envie de chanter et lui, la musique sur laquelle j’avais envie d’écrire. Nous étions bien souvent sur la même longueur d’onde »
Ce témoignage de Jacques DEMARNY, recueilli en juillet 2008, confirme la fusion créatrice sans faille qui a perduré près de 40 ans

En effet, après s’être retiré du duo qu’il formait avec son frère jumeau et depuis les succès d’ « Enfants de tous pays », « Les millionnaires du dimanche » et « Les gens du nord », Jacques DEMARNY est habité d’une inspiration sans limites, signant des dizaines de textes pour Enrico qui, en mélodiste d’exception qu’il est, les met en musique dans le même élan créateur.

Ainsi, dès le début des années 1970, les « tubes » s’enchainent. « Paris s’allume », « La lampe d’Aladin », entre autres, ne sont que les premiers titres qui marquent la fertilité de cette décennie. Mais « Le grand pardon » est vraisemblablement le titre le plus marquant pour la carrière d’ Enrico en cette fin d’année 1970. Quelques mois plus tard, DEMARNY lui propose un texte écrit avec Gabriel MAROUANI et qui s’intitule « Dix ans déjà ». C’est une chanson qui baigne Demarny et Enrico dans l’océan de parfums et de couleurs qui leur inspirent tant de textes et de mélodies chatoyants.

Les textes pleuvent et Enrico écrit des centaines de partitions pour habiller ces paroles : « J’irai jusqu’en Auvergne », « A Venise », « Un grand amour », « La casa del sol », « Y a des matins comme ça », « Elle venait de Sibérie » sont quelques titres de ces années là qui témoignent de la diversité des thèmes et des genres qui inscrivent Enrico comme un vrai chanteur populaire.

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Si c’était à refaire
Numéro Un Enrico Macias – 11 novembre 1978
Archives INA

L’amour (de Suzy) occupe également une place de choix parmi ces créations. On peut citer, entre autres, « J’ai le cœur qui bat », « J’ai pleuré de joie », »C’était le bon temps », « Pourquoi parler d’amour », « Si c’était à refaire »……..

A défaut de sortir un 33 T par année, ces années 1970 sont quand même caractérisées par la sortie moyenne de cinq ou six titres par an, chansons tantôt sentimentales, tantôt engagées mais le plus souvent festives.

En 1977, il emprunte la musique de « I faredj rabbi » pour un hymne à la Paix qu’il intitule « La folle espérance ». L’année d’après, sous la plume de Claude MORGAN, il compose avec Jacques DEMARNY « Les étrangers », un vibrant hommage aux travailleurs immigrés.
L’année 1979 est très riche en chansons (sortie de l’album « La poésie de la méditerranée ») et est marquée par le plus important évènement de la vie d’Enrico Macias : La rencontre avec Anouar El SADATE et le spectacle qu’il donne aux pieds des pyramides.

Parmi les passages à l’Olympia les plus remarqués de ces années là, on peut citer ceux de 1972, 1974, 1976 avec Ajda PEKAN et 1977 avec Los Reyes. Ce dernier spectacle est caractérisé par la qualité supérieure des arrangements musicaux sous la direction de Jean CLAUDRIC et, pour la première fois, une parfaite déclinaison d’une structure de nouba (sous formes de 3 m’çaddar), avec « Ifaredj rabbi ».

Jean-Michel BORIS dit : « Enrico MACIAS est un musicien populaire au vrai sens du terme, un grand artiste dont les airs donnent immédiatement envie de danser et de chanter. A chaque fois qu’il est à l’Olympia, c’est la fête. Toute la salle reprend ses chansons en chœur, les femmes se mettent un foulard autour de la taille et montent sur la scène en poussant des youyous. On n’envisage pas autrement un spectacle avec Enrico ».

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Lo Laï et El Porompompero avec le groupe Los Reyes
Numéro 1 Enrico Macias – 15 octobre 1977
Archives INA

1980 - 1989

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La page est tournée – Champs Elysées 20 juin 1987
Emission de Michel Durcker pour les 25 ans de carrière d’Enrico

Le premier évènement marquant du début de ces années 1980, est le départ d’ Enrico de chez Philips pour rejoindre l’équipe de TREMA fondé par le duo Régis Talar et Jacques Revaux. Ce changement de maison de disque marque la fin d’une ère et le début d’une nouvelle expérience au sein d’une cellule qui, loin de lui être étrangère, lui permet de travailler comme en famille. 

Sans omettre Claude Morgan qui lui a écrit « Les étrangers » l’année précédente, le second évènement est l’arrivée de Didier Barbelivien dans le staff des auteurs d’ Enrico. En effet, ce grand artiste commence magnifiquement sa collaboration avec notre chanteur en lui signant dès 1980 des titres très importants tels « La France de mon enfance », « Le juif espagnol » ou encore la musique de « Pour toutes ces raisons, je t’aime » qui deviendra l’hymne à l’amour dédié à Suzy. Cette collaboration lui permet aussi de créer « Le mendiant de l’amour » qui, depuis 1995 , clôture chaque tour de chant à l’Olympia.

L’année suivante, Didier Barbelivien est à l’origine de nouveaux succès dont, entre autres, « C’est une femme », « L’instituteur » ou encore « Je porte plainte contre mon cœur ». Mais qui est plus à même de traduire les sentiments d’ Enrico que Jacques Demarny ? Fin 1981, Il met en musique un texte en hommage à Anouar Al Sadate qui vient d’être assassiné, « Un berger vient de tomber », né de la douleur d’ Enrico dont la plume a glissé spontanément pour donner naissance à une merveille de rimes uniformes. A la suite de l’assassinat de Yitzhak Rabin en octobre 1995, il refusera de faire une autre chanson estimant que c’est un autre berger qui vient de tomber.

L’année 1982 est marquée par la sortie d’un single comprenant « Une fille à marier » et « Il avait raison », mais l’évènement le plus important cette année là, c’est le passage à l’Olympia pour fêter ses 20 ans de carrière, un spectacle grandiose classé par thèmes (Chansons souvenirs, chansons enfantines, tableau Israélien, tableau oriental) et présentant pour la première fois « Sur le même bateau ». Il s’ensuit une longue tournée à travers la France et à l’étranger.

Fort de son succès de l’Olympia 1982 qui sort en vidéo l’année suivante, Enrico poursuit ses tournées durant l’année 1983 qui s’achève avec la sortie d’un nouvel album dont le principal titre est « Un homme comme toi » mis en musique par Jacques Demarny et qui reprend le générique de « Jeux sans frontières » émission culte du grand Guy Lux. Cet album comprend aussi « La tolérance » en version studio et « Je porte bonheur » dont la musique est la reprise de « Soleil », l’introduction musicale du spectacle de l’Olympia de l’année précédente.


En 1984, c’est Jacques Revaux qui rejoint l’équipe pour collaborer dans « Générosité » et « Je n’ai pas vu mes enfants grandir ». Ces 2 titres figurent sur l’album sorti la même année qui comprend également « Luther King » et « Le fusil rouillé ». Et sur le texte de Claude Morgan et la musique d’ Enrico et Didier Barbelivien, c’est Roger Loubet qui affine les arrangements de « Constantina ». Sûrement la plus belle chanson de l’album qui, avec « Je n’ai pas vu mes enfants grandir », sera rééditée sur un single en début d’année 1985. Quelques temps plus tard, c’est le passage à l’Olympia où Enrico chante en compagnie d’Astrid et Lionel Teboul. Sylvain et son orchestre sont également à l’honneur pour finir le spectacle avec entre autres, et pour la première fois, du malouf tunisien avec « Aarousetna ».

L’année s’achève par la sortie d’un single comprenant « Il vaut mieux danser » et « On dit… on ne dit pas »

En dehors du fait qu’il soit un grand guitariste, Enrico est un mélodiste confirmé. Il nous en fait la parfaite démonstration avec « Mon chanteur préféré » qui sera le titre de l’album sorti en 1986. Il y allie improvisation au luth (l’instrument de Raymond), prières et malouf, l’ensemble décliné au sein d’une belle mélodie orientale pour célébrer un vibrant hommage à son père spirituel.

Le malouf étant à l’honneur dans cet album, Il reprend également les notes d’une vieille valse traditionnelle pour l’apposer sur un très joli texte intitulé « Jouez guitares ». Une autre reprise vient s’ajouter à ces 10 titres. Il s’agit de « Quand j’étais tout petit » qu’il a chanté avec Lionel Teboul lors de l’Olympia 85 mais réadapté avec un texte « chronologique » retraçant en quelques points sa merveilleuse histoire d’amour avec Suzy. « Aime-moi, je t’aime » est un nouvel hommage qu’il rend à celle qui est tout à la fois l’épouse, la mère de ses enfants, la confidente, l’amie fidèle, en un mot la moitié indissociable de Gaston.

A nouveau sur les routes pour une longue tournée nationale et internationale, il sort en 1987 une compilation de 17 titres qui fêtera ses 25 ans de carrière. Pour cette occasion, Michel Drucker lui consacre un « Champs Elysées » durant lequel Enrico crée une chanson encore inédite à ce jour « la page est tournée ».

En 1989, c’est le 20eme anniversaire de TREMA, et à cette occasion, Enrico regroupe le travail des 2 dernières années (1988/1989) dans un album sur lequel on peut apprécier des titres comme « Aie, aie, aie, je t’aime », « Les promesses d’amour », « Le vent du sud » ou encore « Zingarella » mais aussi « Quand les hommes vivront d’amour », une très belle chanson composée par Raymond Levesque pendant la guerre d’Algérie et qui appelle à la paix et la fraternité.

Cette décennie s’achève par un passage très remarqué à l’Olympia où il reprend en intégral les principaux titres de ses débuts pour finir avec « Sidi H’bibi », un hommage à Salim Halali. 

Laissant progressivement place aux « COMPACT DISCS », les vinyles commencent dès 1988 à disparaître. Après un premier essai avec « Mon chanteur préféré » en 1986, TREMA édite le premier CD d’Enrico comportant plus de titres que le 33T éponyme, pour consacrer et immortaliser le grand succès de l’Olympia 1989.
C’est ainsi que commence l’année 1990 pour notre chanteur. Elle s’achèvera en le plongeant dans un nouveau projet qui verra le jour l’année suivante. Paix, cause féminine et cosmopolitisme caractérisent ce nouvel album avec des titres comme « Les enfants d’Abraham », « Les femmes de pardon » ou « Paris voyage ». Des airs gitans et surtout de la musique orientale viennent l’agrémenter dans de très belles compositions comme « Come on bye bye » et « Gitano ».
La même année, plusieurs singles reprennent quelques titres de cet album mais en créent d’autres tels « Un amour, une amie », « Ma guitare à mon fils » ou « Pour ton mariage ».

En 1992, c’est la sortie dans les bacs d’une compilation de 11 titres intitulée « Pour ton mariage » et qui reprend les principales chansons de l’année précédente.

Dans un esprit très convivial et festif, Enrico fête ses 27 ans de carrière à l’Olympia et Sylvain, Jean Claude et Jocya y sont à l’honneur pour chanter respectivement: « Le violon de mon père », « Ma guitare à mon fils » et « Pour ton mariage ». Plus décontracté que jamais et usant d’un grand humour, il permet à Ginni Gallan de passer pour la première fois à l’Olympia en l’accompagnant dans « Un amour, une amie ».

Sylvain, Enrico et Jean Claude réunis sur la scène de l’Olympia (1992) pour chanter et jouer « le violon de mon père » et « ma guitare à mon fils »

Jocya et Enrico  » Pour ton mariage »
Olympia 1992

Puis, c’est la sortie en 1993 d’un superbe album intitulé « A Suzy » dans lequel on peut apprécier la chanson qui a donné son nom à cette œuvre. Enrico y chante aussi la triste histoire de la chasse des juifs et des arabes d’Espagne et rappelle ce malheureux exode des deux communautés sous le titre « les clés de Tolède ». La nostalgique « Rien n’a changé », « Nous les Africains » et « Dieu de l’espérance » sont d’autres titres qui figurent sur ce CD.

Entre plateaux de télévision et quelques représentations en France, l’année 1994 s’achève avec la sortie du célèbre « Le meilleur d’Enrico Macias », un choix subtile de 19 de ses anciens titres avec en inédit, « Enfants de tous pays » en Italien.

Après la classique chanson française, le disco, le Cha cha cha et quelques autres genres musicaux, c’est le Reggae qu’Enrico expérimente en 1995 dans un hommage à Johnny Halliday. « Et Johnny chante l’amour » est le titre de cet album dans lequel il met en musique un cri du cœur destiné à Suzy intitulé « Parle moi de toi ». « Papy », « Brésil » et « La dernière prière » expriment ses sentiments sur la nostalgie, le voyage et la paix. Enfin, « Le chanteur de la famille » est un clin d’œil à Raymond bien-sûr mais aussi à la tradition festive des familles.
Du 2 au 21 Novembre de cette même année, c’est l’incontournable passage à l’Olympia où il triomphe sous la direction de Pino Latucca et avec les arrangements de Jean Claudric. La choriste Laurya Lammy fait une prestation très remarquée à ses cotés et, avant d’entamer le final dans lequel il regroupe « L’oriental », « El porompompero », « folklores arabes » et « Le mendiant de l’amour », c’est au tour de Deborah Morgan de faire son apparition sur scène pour l’accompagner dans « La dernière prière ». Un spectacle fabuleux qui sortira en vidéo au début de l’année 1996 puis en CD.

Extrait Olympia 1995

Cette même année, Jacques Demarny devient président de la SACEM et à la même période Enrico est invité à New York par Boutros Boutros-Ghali qui lui explique que dans le cadre des programmes humanitaires de l’O.N.U, il a l’idée de créer un nouveau corps diplomatique qu’il nommera « Messagers de la paix ». Son remplacement par Kofi Annan n’écarte pas cette idée et en Juillet 1997, Enrico rejoint Michael Douglas, Barbara Hendricks, Muhammad Ali, Luciano Pavarotti……dans cette mission, au service du secrétaire général, pour la paix et les droits de l’enfance.
Occupés par leurs nouvelles responsabilités, et n’étant donc plus libres de consacrer beaucoup de temps à l’écriture, Enrico Macias et Jacques Demarny marquent un ralentissement dans leur élan créateur. Regis Talar produit donc en 1997, sous l’étiquette d’EUROPE1, un double album de 32 titres des meilleurs succès en version live à l’Olympia de 1964 à 1995. C’est ainsi que, pour la première fois, on peut écouter ces enregistrements améliorés par la nouvelle technologie numérique. Trois merveilleuses reprises viennent compléter ce produit. Ce sont l’expression du profond respect d’Enrico pour 3 monstres de la chanson française: Jacques Brel avec « Ne me quitte pas », Georges Brassens avec « Chanson pour l’Auvergnat » et Charles Aznavour avec « La mamma ».

La rencontre de Taoufik Bestandji et Jacques LEYRIS donne l’idée à ce dernier de rendre un hommage à Raymond dans la pure tradition Constantinoise.
Jusqu’alors, se contentant d’évoquer Raymond et reprendre quelques airs de la musique arabo-andalouse au grand plaisir de son public, Enrico considérait que chanter du malouf était comme une traitrise envers son maître spirituel. Mais cette rencontre est l’occasion idéale pour faire le grand virage et le retour aux sources tant espéré. Tous les deux sont enfants et petits enfants de grands chouyoukhs qui ont laissé leurs noms en lettres d’or sur cette musique.
Après de longues semaines de répétition et un ajustage au centre culturel algérien à Paris, c’est à Bourges qu’ils donnent naissance à cet hommage exceptionnel. C’est une magnifique réussite parce que contrairement aux albums précédents qui n’ont jamais dépassé les 50.000 exemplaires, celui-là se vendra à plus de 100.000, vulgarisant ainsi cette musique en France. 

2000 - 2009

« Les mystères de la mémoire sont fascinants! ». C’est ainsi qu’Enrico parle de cet « exploit » qu’est la réalisation de cet hommage à Cheikh Raymond. L’immense succès qu’a rencontré cet album a vite évaporé ses craintes de décevoir son public car le travail rigoureux et sérieux qu’exigent les règles du malouf ne représente pas de souci pour un enfant du soleil dont les racines ont poussé dans le mysticisme de cette musique. Ce succès impose rapidement la programmation d’une tournée en France et en Europe. Elle sera entrecoupée par un passage très remarqué de 2 jours à l’Olympia et, comme d’habitude, c’est un triomphe.

Entre la sortie du double CD de « Hommage à Cheikh Raymond (printemps de Bourges 99) » en 1999 et celle du DVD en 2001, TREMA édite en 2000, son ultime produit pour Enrico. Qualifié d’invraisemblable par les uns et original par les autres, « ENRICO EXPERIENCE » est un album de 14 titres remixés par de grands « bidouilleurs » électro français et américains tel Bill Laswell, Mike Ladd, Qaballah Steppers…. Inédit et insolite, cet album a divisé les adorateurs d’Enrico qui attendaient plutôt une deuxième œuvre de malouf ou pourquoi pas, un nouvel album de variétés. Pourtant le choix judicieux de ces titres « live » et cet environnement sonore reconstruit sur les intarissables mélopées orientales constituent une vraie révélation qui a beaucoup plu aux connaisseurs éclairés de la large palette artistique de notre artiste.

Le 10 Mars 2000 est une date qui aura marqué à jamais la sensibilité du fils de Constantine. En effet, sur invitation personnelle du président algérien lors de la célébration du deuxième millénaire de la ville, Enrico est convié à retourner enfin dans son pays natal pour donner quelques 3 ou 4 concerts dans les principales villes du pays et dont celui de Constantine sera le plus important. Cet évènement représente plus d’un symbole pour tous les juifs algériens compte tenu de l’importance que revêt ce rapprochement ô combien historique.
Malheureusement, la tournure politique qu’a prise cette initiative unique dans l’histoire de ce pays et les liens trop fragiles qui le lient à sa communauté juive, a réveillé une mémoire négative et intolérante qui aboutit à l’annulation pure et simple de ce retour. Il a pourtant été considéré comme une partie intégrante de « la concorde civile » que le président Bouteflika voulait comme une nouvelle page dans l’histoire de l’Algérie. 

Cela fait 7 ans qu’il n’a pas proposé un album de variétés à ses fans. C’est pour cela, qu’avec l’enthousiasme débordant qu’on lui connait, il part pour une longue tournée à travers la France, sans oublier le prestigieux passage à l’Olympia du 1er au 9 Mars 2003. Un récital d’excellente qualité dans lequel il alterne anciennes et nouvelles chansons. Dès l’ouverture du rideau, le public, agréablement surpris et ravi, reprend avec lui les paroles de « Chanter » qui sera la première chanson d’un tour de 27 titres dont les plus remarqués seront sûrement « Ygdal » adapté dans un style oriental et « Ya Rayah ». Le succès retentissant de ce spectacle l’amène même à se produire dans des festivals d’été comme « Les vieilles charrues » à Carhaix. La reprise de sa tournée à l’automne l’emmènera jusque sous les projecteurs du célèbre Zénith du parc de la Villette le 15 Novembre 2003.

L’Olympia 2003 sera le nouveau titre d’un double CD et d’un DVD.

Amoureux de son métier d’artiste et soucieux de satisfaire un public plus nombreux chaque année, il continue infatigablement ses tournées jusqu’à ce qu’il soit sollicité pour tenir le rôle principal dans un téléfilm, « Monsieur Molina » qui sera tourné à la fin de 2005 et diffusé sur France 3 en Avril 2006 quelques jours avant la sortie de son nouvel album.

Pour ce nouveau chef-d’œuvre, de nouveaux artistes comme Jean-Pierre Sluys, Hocine Lasnami, Benjamin Seilles, Thierry Stremler et Franck Monnet viennent rejoindre l’équipe de Jean Claude pour « accoucher » de « La vie populaire ».
Malgré le rythme envoutant de cette chanson qui a donné son nom à l’album de 12 titres, on découvre le parfait tome 2 d' »Oranges amères » dont le titre phare est sans conteste « Serrements de cœur ».
Comme pour marquer un entracte, il est tout à fait logique de considérer que le passage à l’Olympia en 2006 est en quelque sorte la 2eme partie du récital de 2003 tellement il en emprunte la même féerie et la même ambiance maciasienne. S’ensuit alors une très longue tournée française et européenne qui s’achèvera par un passage très médiatisé aux USA et au Canada.

Cette décennie sera très importante dans la vie et la carrière d’Enrico. Elle sera marquée par la triste disparition de son épouse Suzy, fin 2008, à la suite d’ une longue maladie mais aussi et heureusement, par des moments de bonheur comme celui du 5 Décembre 2009 à Istanbul lorsqu’ il reçoit avec Ajda Pekkan, le prix Dario Moreno.
Une décennie riche en produits audio et vidéo. Ainsi, on aura eu le bonheur de trouver dans les bacs:
– Compilation (Concerts Musicorama 1 et 2) (2003)
– Compilation (De musique en musique) (2003)
– Live Olympia 2003 en CD et DVD (2003)
– Live Olympia 72/80 (2004) 
– Numéro un 1975 en DVD (2005)
– Compilation (Chanter) (2005)
– Le chant de la mémoire en DVD (2005)
– Compilation ‘Concerts exclusifs Europe 1) (2006) …….
…..mais incontestablement, le meilleur produit qui aura marqué les admirateurs par son originalité, sera celui qui s’intitule « PLATINIUM COLLECTION » sorti en 2008 et qui comprend 3 CD des Olympias 1964, 1965 et 1968 avec des enregistrements originaux d’un spectacle donné à Amsterdam en 1964 et ceux des versions étrangères de ses premiers succès.

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